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L’arthrose est la forme d’arthrite la plus répandue

L’arthrose est une maladie dégénérative chronique d’évolution lente, affectant plusieurs articulations et touchant mondialement la population vieillissante (1). La coxarthrose, ou arthrose de la hanche, est avec la gonarthrose (arthrose du genou) la forme la plus répandue de cette maladie.

POPULATION TOUCHÉE ET FACTEURS DE RISQUE

La coxarthrose touche autant les hommes que les femmes et sa prévalence augmente avec l’âge, avec une recrudescence plus féminine après 55 ans.

Ainsi, elle toucherait plus de 45% de la population canadienne âgée de 65 ans et plus (2) et selon Santé Canada, la majorité de la population avant l’âge de 70 ans. Au Canada, l’âge moyen au moment du diagnostic est de 50,4 ans(3). Son incidence étant très haute, elle représente une préoccupation médicale importante et entraîne des coûts sociaux et économiques élevés.

Malgré qu’elle soit classée seconde au rang des maladies les plus handicapantes (4), il n’existe pas de traitement faisant disparaître l’arthrose, mais on peut la prévenir et en limiter les conséquences.

Les facteurs de risques sont l’âge, le sexe et les facteurs hormonaux (l’arthrose étant plus fréquente chez la femme et aussi souvent plus sévère), le surpoids, la sédentarité, l’hérédité, les blessures et les complications secondaires à d’autres pathologies, telles que le diabète (5-6). La coxarthrose se développe fréquemment en cas de surcharge pondérale entraînant l’augmentation des contraintes sur l’articulation, ou de micro-traumatismes répétés dans les activités professionnelles ou sportives. Certaines adaptations posturales inadéquates peuvent aussi en augmenter les risques.

MÉCANISMES

Les causes de la coxarthrose sont encore inconnues mais on explique le processus d’installation par l’atteinte simultanée de 3 tissus, soit la détérioration progressive du cartilage, l’inflammation de la synoviale et l’épaississement de l’os (7). Bien qu’elle soit reconnue comme une maladie non-inflammatoire, certaines recherches démontrent la présence de marqueurs sanguins inflammatoires sans autres signes d’inflammation (8).

SYMPTÔMES

La coxarthrose peut demeurer longtemps asymptomatique. Ses symptômes caractéristiques sont la douleur et la raideur articulaire pouvant engrainer la diminution des fonctions physiques, en particulier des aptitudes à la marche. Du point de vue clinique, on observe des crépitements, une limitation ou un blocage articulaire, de la douleur à la mobilisation et à la palpation, l’apparition de proéminences osseuses et la perte d’alignement articulaire allant jusqu’à la déformation articulaire. La rotation interne de la hanche est souvent le paramètre le plus limité et le plus douloureux (9).

DIAGNOSTIC

Le diagnostic est radiologique, par rayons X ou par IRM, après une évaluation clinique. La sévérité de la pathologie est graduée en quatre stades, indiquant son degré d’avancement (10). On constate souvent une nette dichotomie entre l’intensité de la douleur reportée et le stade radiologique. Ainsi, certaines personnes atteintes de coxarthrose au stade 4 ont peu de symptômes, alors que d’autres en stade 1 éprouvent des douleurs aiguës et invalidantes.

TRAITEMENT

Le traitement de l’arthrose de la hanche comprend les thérapies manuelles, l’approche pharmacologique et l’approche chirurgicale. Les approches traditionnelles consistent à prescrire des antalgiques et des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) dans un premier temps, l’infiltration de corticoïdes sous scopie dans un second temps et dans certains cas en phase très avancée, on propose la chirurgie de prothèse de hanche.

Malgré la prévalence de la coxarthrose, peu d’études cliniques ont été réalisées à ce jour en thérapies manuelles.

Toutefois, l’ensemble des études récentes enregistre des résultats cliniques encourageants pour la diminution de la douleur et l’augmentation des capacités physiques. Les techniques utilisées varient et comprennent le recours au thrust, aux mobilisations, aux pompages articulaires, aux mises en tension tissulaires, au massage, au traitement lymphatique et au travail crânien. Toutes les études et guides de recommandations datant de moins de dix ans suggèrent l’ajout d’exercices à domicile en accompagnement à la thérapie.

COXARTHROSE ET OSTÉOPATHIE

L’ostéopathie ne peut faire disparaître l’arthrose, mais elle peut contribuer à en ralentir l’évolution et à en diminuer les douleurs. En se basant sur la capacité du corps à s’autoréguler lorsqu’il est en équilibre, l’ostéopathe s’appliquera à préserver la mobilité de la hanche en éliminant les restrictions et les zones de pressions excessives sur l’articulation, pour maximiser les apports vasculaires et nerveux et la souplesse tissulaire de toute la zone (11, 13). Pour ce faire, il traitera la hanche mais aussi le corps dans la globalité, en s’assurant d’une vitalité adéquate, de l’absence de restrictions faciales ou musculo-squelettiques et d’un bon équilibre postural.

Se basant sur un des principes fondateurs de l’ostéopathie voulant qu’un bon apport sanguin et un drainage adéquat soit fondamentaux dans la guérison, l’ostéopathe peut aussi offrir un traitement à visée spécifiquement lymphatique(12) ou encore, comme l’ont fait Jardine et al. (2012), équilibrer les tensions diaphragmatiques et abdomino-pelviennes dans le but de diminuer la résistance superficielle de l’artère fémorale, afin d’augmenter l’apport vasculaire du membre inférieur pour en améliorer la physiologie et la mobilité (13).

Plus l’équilibre et la mobilité articulaire sont préservés, plus les effets de l’arthrose seront ralentis, c’est pourquoi une prise en charge rapide est cruciale.

Bonne Santé

Justin Perreault D.O. Ostéopathe

sources

(1) Jotanovic, Mihelic, Gulan, Sestan et Dembic, 2015. (2) MacDonald, Sanmartin, Langlois et Marshall, 2014. (3) MacDonald et al. 2014. (4) Janani, Nassar, Rachidi et Mkinsi 2013. (5) Santé Canada, 2008. (6) Jotanovic et al., 2015. (7) Janani et al. 2013. (8) Jotanovic et al., 2015. (9) Jotanovic et al., 2015. (10) Jotanovic et al., 2015. (11) Williams, 2008. (12) Gagné, 2016. (13) Jardine et al., 2012.