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L’intuition


« Lâcher prise nous donne la liberté, et la liberté est la seule condition du bonheur. Si, dans notre cœur, nous nous accrochons toujours à quelque chose – la colère, l’anxiété, ou possessions – nous ne pouvons pas être libres ». « Beaucoup de gens pensent que l’excitation est le bonheur… Mais quand vous êtes excité, vous n’êtes pas paisible. Le vrai bonheur est basé sur le calme intérieur. »
▬ Thich Nhat Hanh

C’est par là que passe, je le crois, la route qui ouvre les portes de l’intuition.  Ce trésor qui nous habite tous et toutes, mais qu’on oublie souvent de prendre en compte, de reconnaître et d’écouter.  Il existe, bien entendu, toutes sortes de façons d’y parvenir.  Reste à accueillir cette façon, qui est la nôtre, d’être présent à son cadeau.

Il arrive qu’on cherche avec beaucoup d’ardeur comment parvenir à quelque chose, comment trouver la solution, comment avoir la réponse.  Bien que nous soyons fondamentalement des êtres dotés d’un intellect assez proéminent, ces zones que nous ne pouvons rationaliser ou vraiment comprendre existent toujours.  Elles dépassent la pensée et nous rappellent parfois que nous sommes les acteurs et les témoins de l’expérience humaine.  J’aime à croire que ce qui ne s’explique pas encore comporte son lot de magie.  Certains l’appelleront la Foi.  D’autres, la confiance. Toutes ces perceptions ont leur importance parce qu’elles nous parlent de ce qui nous unit de l’intérieur, mais aussi collectivement.  C’est, pour les Bushmen Shamans, ce fil invisible qui nous relie entre nous et qui nous relie à plus grand que nous.  Le téléphone pour appeler la Source. 

Lorsqu’on grandit avec certaines particularités, c’est un monde qui peut, naturellement, nous sembler plus familier.  L’hypersensible y reconnaîtra tout ce qu’il perçoit visuellement, auditivement ou de façon kinesthésique et que les autres ne décodent pas toujours.  Ceux et celles qui traverseront de nombreuses épreuves pourront aussi, peut-être, reconnaître ce qui échappe à celui ou à celle qui se perd dans sa routine quotidienne.  Et enfin, les personnes qui auront le privilège de se développer dans une culture qui appelle cette écoute seront tout aussi alertes à ce langage, qui en est un comme tout autre, à l’échelle universelle.

Bien qu’on puisse considérer l’accès à l’intuition comme magique, je crois qu’il n’y a rien de bien sorcier dans le fait de l’apprivoiser et de lui faire une place dans sa réalité.  Parce qu’elle est, comme une fleur, une présence qui peut se faire discrète ou plus éclatante en fonction de l’espace qu’on lui accorde.  À mes yeux, prendre le temps d’écouter, c’est s’accorder un espace à soi.  C’est aussi lâcher prise, parce qu’il est inutile de chercher à contrôler ou à gérer le flux de l’intuition.  Il navigue en permanence, ce flux, et nous offre la liberté de le capter ou de le laisser passer sans sourciller. 

Pour la plupart, je ne crois pas qu’il s’agisse d’un réveil soudain.  Il y a toujours un relent, un son, une image, une odeur…sauf qu’on ne les avait pas vus avant!  Je me plais à le visualiser comme un interrupteur de lumière.  Il peut être ouvert – à on – ou fermé – à off.  Quand l’intuition occupe sa place dans nos quotidiens, elle peut dévaler telle une chute d’eau sur les rochers dévêtus du printemps ou encore se pointer de façon sporadique, mine de rien, empruntant le chemin de signes que nous reconnaitront et qui pourront, peut-être, nous réconforter ou nous remuer.  Éventuellement, on peut choisir d’ouvrir ou de fermer l’interrupteur. C’est un processus.  Et c’est un peu, je crois, ce qui le rend si fascinant.  Qu’on l’accueille ou qu’on le boude, ce processus nous fait grandir.  Il nous surprend.  C’est inévitable. 

L’intuition ne détient pas de droits d’auteur.  Tout ce qui compte, c’est que l’important, ce qui parle du cœur, circule.  Chacun développera son approche, ce qui rendront plus tangibles ses manifestations. Et c’est fascinant aussi parce que, peu importe le domaine d’activité dans lequel on s’investit, la petite voix de l’intuition peut s’épanouir.  Avec nous. 

Et c’est que je souhaite, de tout cœur, à tous ceux et celles qui l’entrevoient, quelque part, entre deux regards sur la vie, entre deux souffles, d’un instant à l’autre. 

Isabelle Bernier,

Bon printemps!